Activités parlementaires

Après de nombreux mois de travail, j’ai le plaisir de vous faire part de la proposition de résolution visant à acter la reconnaissance de la réquisition forcée de travailleurs vietnamiens lors de la Seconde Guerre mondiale, les souffrances que ces hommes ont vécues sur le sol de la métropole, et la complexité de leur rapatriement en raison des limitations apportées par l’administration française.

Je tiens à remercier les personnes qui m’ont interpellées pour me donner leurs témoignages et les nombreux auteurs qui ont rédigés ou réalisés d’excellents ouvrages sur ce sujet.

« Après les cérémonies de commémoration des 75 ans de la Libération de la France, il convient de se souvenir de toutes les populations, métropolitaines et des colonies, ayant participé, de gré ou de force, à l’effort de guerre français.

Lors de la Seconde guerre mondiale, les populations indochinoises ont constitué un formidable réservoir de main-d’œuvre pour la France. En septembre 1939, dans le prolongement de la Première Guerre, M. Georges Mandel, ministre des Colonies, prévoit de faire venir 300.000 coloniaux indochinois en métropole pour être utilisés comme ouvriers dans les usines d’armement. En juin 1940, la défaite de l’armée française interrompt brusquement le recrutement, alors que 20.000 travailleurs indochinois, en grande majorité vietnamiens ont déjà été envoyés en métropole et affectés comme ouvriers non spécialisés dans des industries de guerre.

Affectés tout d’abord comme ouvriers non spécialisés (ONS) dans les usines d’armements françaises, ces 20 000 travailleurs indochinois sont parqués dans des camps d’internement, répartis dans une quinzaine de communes françaises. A l’été 1940, le gouvernement tente de les rapatrier. Mais la route maritime vers l’Extrême-Orient devient vite trop dangereuse, et quelques 15 000 d’entre eux vont rester bloqués en métropole jusqu’à la fin de la guerre, et même au-delà. Pendant toutes ces années, leur force de travail sera louée par l’Etat à tous les secteurs de l’économie, sans que ces hommes ne perçoivent le moindre salaire. C’est à eux que l’on doit, notamment, le riz de Camargue.

À la Libération, bien qu’ouvert à des réformes afin d’améliorer leurs conditions d’existence en métropole, le ministère des Colonies ne fait rien pour accélérer les démarches de démobilisation de ces requis. Leur rapatriement ne commencera qu’en 1948, pour s’achever en 1952… »


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